Interview, News, Politique

Chris Mumpakani Atemvul: « Le renouvellement de la classe politique congolaise ne signifie pas son rajeunissement. »

Il se présente comme un fils du quartier Yolo dans la commune de Kalamu et estime avoir les capacités nécessaires pour pouvoir apporter sa contribution à la construction de la nation. Détenteur d’un diplôme de licence en communication, d’un master en marketing, d’un brevet de l’Ecole nationale de l’administration, Chris Mumpakani Atemvul, inscrit sous le n°232 dans le disctrict de la Funa, dit avoir compris les besoins des habitants de cette partie de la capitale congolaise et parle entre autres du renouvellement de la classe politique en République démocratique du Congo. Entretien exclusif avec Kinshasa Daily.

1. Kinshasa Daily (KD): Bonjour. Vous êtes candidat à la Députation nationale pour le district de la Funa. Que dites-vous à ceux de vos électeurs potentiels qui ne vous connaissent pas?

> Chris Mumpakani Atemvul (CMuA): Je suis jeune congolais, un kinois, je suis agent public de l’Etat. Je dispose des qualités non seulement en communication mais aussi en gestion, en administration, dans la gestion des groupes et des organisations communautaires et aussi dans la territoriale.

2. KD: Pourquoi avez vous décidé de faire la politique de manière active?

Il y a un vieux adage qui dit que lors qu’on ne s’occupe pas de la politique, elle s’occupera de nous. J’ai toujours été séduit à l’endroit des pères de l’indépendance de la République démocratique du Congo. Toutes ces personnes là, les Lumumba, Mobutu, Gizenga, Kamitatu et autres ont marqué l’histoire de notre pays. Ils ont été les premiers à nous diriger. Très peu d’entre nous s’interrogent sur leur âge. Ils étaient très jeunes. Ils avaient pour la plus part entre 25 et 30 ans et le destin de tout un pays, d’un pays nouvellement indépendant est resté longtemps entre leurs mains. Pour moi, c’est un exemple d’abnégation et de bravoure, des sacrifices d’une jeunesse pour l’avenir de son pays. Mais aujourd’hui, les problèmes de notre pays ne peuvent laisser aucun congolais indifférent. Nous sommes tous, chacun, appelés à participer à l’effort du redressement national. Le pays est à refaire à tous les niveaux, il est à reconstruire à tous les niveaux. J’ai donc décidé de ne plus me limiter dans des interventions au niveau des associations de développement communautaire, et d’aller un peu plus loin. J’ai estimé qu’il était temps pour moi d’entreprendre des actions d’envergure, de faire la politique à grande échelle. C’est ma première motivation. Je voudrais que mon passage sur terre, surtout en RDC, soit marqué par quelque chose. Je me demande même si il y a mieux à faire que ça.

3. KD: Si vous êtes élu, quelles seraient vos priorités pour la nation et particulièrement pour le district de la Funa?

Chris Mumpakani Antemvul est candidat député national sous le n°232 pour le district de la Funa.

Chris Mumpakani Antemvul est candidat député national sous le n°232 pour le district de la Funa.

CMuA: Le pays est construction. Nous ne devons pas seulement vivre de nos minerais. Il faut au Congo des structures culturelles solides, des salles des infrastructures appropriées. On doit renforcer le pouvoir pour la promotion culturelle, susceptible d’octroyer des crédits à nos artistes dans leur diversité. C’est un projet pour le Congo et cela aura forcément des retombées sur les habitants de la Funa. Mais de manière particulière, il se pose des problèmes énormément en termes d’accès à électricité. Des problèmes de routes secondaires ou intercommunales concernent des communes comme Makala. Et pourtant c’est une commune qui peut directement relier Bumbu et Selembao. Il y aussi un problème d’encadrement des jeunes, qui sont beaucoup plus orienté vers le sport et la culture.

Il faut envisager des lois instituant des mutuelles de santé, de cantines populaires ou des crédits. Il faut de telles solutions pour permettre aux classes de notre population que beaucoup qualifient des « pauvres » de bénéficier de certains soins médicaux appropriés, sans que cela ne puisse porter un coup fatal à leur budget. Je pense aussi aux militaires, à nos policiers, à nos fonctionnaires d’avoir une vie décente.

Notre pays est beaucoup plus connu à l’extérieur par ses performances culturelles (musique, arts, sports, peintures, etc.). Notre diversité culturelle ne devrait pas nous laisser indifférent. Nous devons aussi apprendre à vivre de notre culture, comme le Burkina Faso, le Brésil, la France, etc. Il faut prendre une loi capable de renforcer le pouvoir de la Société congolaise des droits d’auteurs et voisins (Socoda) dans la gestion des droits d’auteurs et voisins, mais aussi créer un établissement spécialisé dans la vente et dans la distribution des œuvres culturelles des congolais vivant en RDC ou à l’étranger. Nous allons veiller à la création d’une police culturelle, afin de sanctionner le piratage de ces œuvres. Nous allons allons aussi veiller à l’application des fonds alloués au secteur culturel.

4. KD: Que répondez-vous à ceux qui estiment que le Régime actuel, auquel votre plate-forme électorale est rattachée, n’a aucun bilan à présenter?

CMuA: J’estime que le politique congolais, et l’homme congolais, doivent évoluer dans sa façon de voir les choses. Il faut savoir dire les choses telles qu’elles sont. Le régime en place aurait voulu faire mieux mais il a été buté à certains problèmes. Problèmes d’hommes, problèmes des choix, problèmes d’intervention des occidentaux contre le pouvoir en place. C’est un tout qui n’a peut-être pas favorisé la réalisation totale du rêve du régime en place. On peut vouloir avancer de 10 pas, quand on avance de 2 pas, cela ne signifie pas qu’on n’a pas avancé. On a avancé mais pas suffisamment. Le bilan est là, c’est au peuple de juger et il est souverain. Le constat est là: le régime a fait ce qu’il a pu faire, il n’a pas tout fait, il n’a pas non plus rien fait. C’est le peuple qui doit trancher.

5. KD: Beaucoup des jeunes réclament un renouvellement de la classe politique congolaise. Vous êtes jeune, quel est votre avis sur cette question?

CMuA: Je crois que c’est le souhait de tout un peuple. Il ne s’agit pas d’un acharnement ni d’une animosité. Je pense que les gens souhaitent juste avoir des nouveaux visages, une certaine nouvelle manière de faire les choses. La preuve nous a d’ailleurs été donnée par Joseph Kabila, le président sortant. Après avoir réalisé les deux mandats, il est entrain de partir et le prochain président viendra. Dieu seul sait de qui il sera question. Il faut cependant nuancer. Le renouvellement de la classe politique en RDC ne signifie pas le rajeunissement de la classe politique. Le renouvellement se rapport davantage aux idées, dévouements et aptitudes de ceux qui viendront. On peut avoir une classe politique renouvelée mais dont la moitié des acteurs est âgée de 50 ou 60 ans: ça sera une nouvelle classe politique mais pas jeune. Un pays ne doit pas forcément être construit par des jeunes. Nous avons besoin de ces vieux qui sont sages et eux ont aussi besoin des jeunes qui ont de l’énergie. Ce pays doit retrouver sa place.

6. KD: Merci d’avoir répondu à nos questions et bonne chance pour votre campagne électorale.

CMuA: C’est à moi de vous dire merci pour l’opportunité que vous me donnez de m’adresser aux congolais, et particulièrement à mes électeurs de la Funa.

décembre 1, 2018

About Author

Kinshasa Daily Kinshasa Daily est un site d'informations générales entièrement dédié à la ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Tweets
Election

ELECTION